La forêt du chevreuil à lunettes 2016

La forêt du chevreuil à lunnettes Détail, épreuve argentique
La forêt du chevreuil à lunnettes Détails, épreuves argentiques
La forêt du chevreuil à lunnettes Détails, épreuves argentiques
La forêt du chevreuil à lunnettes Détail, épreuve argentique
La forêt du chevreuil à lunnettes Détails, épreuves argentiques
La forêt du chevreuil à lunnettes Détails, épreuves argentiques
La forêt du chevreuil à lunnettes Détail, épreuve argentique
La forêt du chevreuil à lunnettes Détail, épreuve argentique
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
La forêt du chevreuil à lunnettes Détail, épreuve argentique
La forêt du chevreuil à lunnettes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
1/19

Cette série est constituée de 49 photographies argentique dont le format principal est de 20 X 50 cm. Ce corpus a aussi été élaboré à partir de séquences prises avec le « Lomokino ». Dans ce cas, j’ai gardé le sens original horizontal de présentation. Pour cette œuvre, j’ai décidé de briser le déroulement temporel de la prise de vues, en plus d’intégrer des séquences issues de trois lieux et moments différent. À l’opposé du corpus « Les Herbes », la présentation au mur des photographies ne tient pas compte de l’ordre temporel dans lequel les images ont été captées en séquence. Elles ont toute une facture commune issue du lieu de la prise de vue, mais le déroulement est remanié, faisant en sorte de créer une atmosphère mystérieuse, énigmatique.

S’inscrivant dans sa production la plus récente et présentée pour la première fois en public au Musée d'art de Joliette, cette murale donne à voir des images extraites d’un même moment, c’est-à-dire une promenade lors d’une journée ensoleillée d’automne. La scène est cependant déconstruite et ne respecte pas nécessairement sa chronologie narrative. De plus, la répétition des mêmes séquences autorise un travail formel plus poussé et confère à cette série un caractère éthéré, presque irréel. Le grain apparent de la pellicule, les contours flous et les forts contrastes clairs obscurs nous portent dans une rêverie. En ce sens, les photos horizontales qui traversent la composition restent mystérieuses et leurs identifications s’effectuent en différés. S’agit-il de vues de la forêt ou de celle d’un fond marin? L’on aperçoit également, dans un agencement vertical des prises de vues en plongé de celui qui film, c’est-à-dire l’artiste. L’appareil dirigé vers le sol a saisi ses jambes, et l’alignement démultiplié des photos recrée le mouvement de la caméra.

Enregistrés avec une caméra à manivelle qui permet de produire de petits films animés de courte durée, l’accrochage et les séquences fonctionnent à la manière d’un montage cinématographique. Cette composition suggère ainsi du mouvement et rappel le processus filmique de l’animation image par image. Si le travail de Yan Giguère était, à ce jour, connu pour se dévoiler à travers la compilation d’images produite sur plusieurs années (Attractions, Choisir et Visites libres), la série La forêt du chevreuil à lunettes habite résolument le moment présent. Elle ne suscite pas tant la mémoire que l’expérience.

Marie-Claude Landry, conservatrice de l'art contemporain